Lipa est le sculpteur qui, méprisant la publicité
tapageuse, vit retiré à Monte-Carlo dans un souterrain, habité
d'immenses billes d'olivier, d'oranger et de citronnier. Vivant comme un
trappiste, Lipa rêve et médite aux formes qu'il invente selon son état
d'âme, tantôt figuratives, tantôt suggestives.
Dans le rêve tout homme est un créateur.
L'artiste est un rêveur à l'état permanent. Ses rêves
se démultiplient, deviennent formes et volumes.
A notre époque où tant de valeurs,
spirituelles ou matérielles, marquent la plus grande détresse, il
est tout de même réconfortant de trouver un oasis de fraîcheur
dans un artiste de la plus haute conscience. Dans ce dédale, Lipa a su
trouvé le lien entre l'Homme et le Cosmos. Son travail est la
communication de l'esprit sur le plan humain.
J'ai connu Lipa à Toulouse, au lendemain de la
guerre. André FARCY, conservateur du musé de Grenoble, donnait une
conférence au cours de laquelle il présentait la création
du sculpteur Lipa.
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C'était une époque de confusion et d'inquiétude
dans l'oeuvre de cet artiste, meurtri par l'épreuve de la guerre.
Je le retrouvai pour la seconde fois en 1958 à
Monte-Carlo, pendant une brillante exposition sur la Côte d'Azur, il était
entouré des membres les plus éminents de l'Académie Française
: André MAUROIS, Marcel PAGNOL, Georges DUHAMEL, Emile GENEVOIX, Jean
COCTEAU.
Lipa s'est raffermi dans sa création en changeant
de matériau et de moyen d'expression. C'est en se rapprochant de la
nature qu'il s'est rapproché de l'Homme.
Témoin des Dieux, Lipa le silencieux poursuit sa
course imperturbable, comme un météore bienfaisant, apportant au
Monde un message éternel.
Invité aux Etats-Unis, Lipa va porter dans les
plus grandes villes d'Amérique du Nord, une des plus brillantes représentation
de la création et du génie français, imprégné
de la volupté méditerranéenne.
Roger OXEN |